L'overgrip est le seul point de contact entre toi et ta raquette. C'est aussi l'accessoire que l'on change le plus souvent et celui que l'on choisit, paradoxalement, avec le moins d'attention : on prend ce qu'il y a à l'accueil du club, on l'enroule à la va-vite et on s'étonne trois sessions plus tard de sentir le manche tourner dans la main sur une bandeja. Choisir son overgrip n'est pourtant pas compliqué, à condition de raisonner à partir de deux critères simples : tes mains et ta fréquence de jeu.
Comprendre ce qu'un overgrip fait vraiment
Un overgrip remplit trois fonctions. Il donne une surface de contact adaptée, plus ou moins collante ou douce. Il absorbe la transpiration de la paume pour éviter que la prise ne devienne glissante. Et il ajoute une fine épaisseur au manche, ce qui influence la taille de prise et la sensation. Il ne remplace pas le grip de base, qui apporte l'amorti et la structure : l'overgrip est une couche consommable posée par-dessus.
Il existe deux grandes familles. Les overgrips tacky ont une surface légèrement adhérente au toucher, qui donne une sensation de contrôle immédiat. Les overgrips absorbants (souvent appelés « dry ») ont une surface plus mate, plus texturée, qui boit la sueur mais offre moins d'accroche à sec. Entre les deux, les fabricants jouent sur l'épaisseur, la composition de la mousse et la finition de surface.
Critère numéro un : tes mains
C'est le point de départ, avant le niveau. Observe honnêtement ce qui se passe pendant un match.
Si tu transpires beaucoup dès l'échauffement
Un overgrip tacky classique va se saturer vite et devenir glissant. Deux options : soit tu passes sur un overgrip absorbant que tu changeras très souvent, soit tu gardes un tacky fin (0,5 à 0,6 mm) et tu traites le problème en amont avec des poignets éponge, qui arrêtent la sueur du bras avant qu'elle n'atteigne la paume. La seconde solution est souvent la meilleure : elle conserve la sensation de contrôle du tacky tout en réduisant nettement l'humidité qui arrive sur le manche. Prévois de toute façon de changer d'overgrip toutes les trois ou quatre sessions, et garde-en toujours un de rechange dans le sac.
Si tu transpires modérément, surtout en fin de match
C'est le cas le plus courant. Un tacky de 0,6 mm avec une mousse interne absorbante fait parfaitement l'affaire. Il gardera son toucher pendant quatre à six sessions selon la température. Le signal pour le changer : la surface devient lisse et brillante, et tu sens que tu serres davantage la raquette pour compenser.
Si tes mains restent sèches
Tu as de la chance, et un overgrip tacky un peu plus épais (0,7 à 0,75 mm) t'apportera du confort sans inconvénient. Attention seulement à ne pas trop grossir le manche si tu as de petites mains : une prise trop large fatigue l'avant-bras et limite la mobilité du poignet sur les volées.
Critère numéro deux : ta fréquence de jeu
La fréquence ne change pas le type d'overgrip, mais elle change la logique d'achat et de remplacement. Un joueur qui joue une fois par semaine consomme environ un overgrip par mois : un lot de trois lui suffit pour un trimestre. À deux ou trois sessions hebdomadaires, on passe à un overgrip par semaine et le format ×12 devient plus logique, à la fois pour le prix unitaire et pour éviter la panne. À partir de quatre sessions, ou si tu donnes des cours, le format ×60 en boîte distributrice s'impose : il coûte moins d'un euro l'unité et tu ne te poseras plus la question pendant des mois.
Et le niveau, dans tout ça ?
On lit souvent que les joueurs confirmés préfèrent les overgrips fins pour « sentir la balle » et les débutants les épais pour le confort. C'est en partie vrai, mais c'est surtout une question de préférence personnelle et de taille de main. Un joueur avancé qui transpire beaucoup a plus intérêt à régler son problème d'humidité qu'à chercher la sensation ultime. Le niveau influence en revanche la fréquence de remplacement : plus tu frappes fort et plus tu joues, plus vite l'overgrip s'use, notamment au niveau de la zone où le pouce et l'index se referment.
Trois erreurs qui ruinent un bon overgrip
La première est la pose trop tendue. Étirer l'overgrip amincit la mousse, réduit son pouvoir absorbant et crée des plis. Enroule en tension légère, avec un recouvrement régulier d'un tiers de la largeur. La deuxième est de le poser sur un grip de base usé ou qui tourne : l'overgrip ne pourra rien corriger, et le manche continuera de pivoter. Change le grip de base une à deux fois par an. La troisième est de laisser la raquette dans un coffre en plein soleil : la chaleur dessèche la surface tacky et lui fait perdre son accroche en une après-midi.
Notre recommandation, en résumé
Mains très humides : tacky fin plus poignets éponge, remplacement fréquent. Mains normales : tacky 0,6 mm, format ×12 si tu joues deux fois par semaine ou plus. Mains sèches : tacky 0,7 mm, à condition de surveiller la taille de prise. Dans tous les cas, garde un overgrip de rechange dans le sac, et pose-le calmement avant le match plutôt que dans la précipitation entre deux sets.


